Face à la pandémie de la COVID-19, plus de 500 femmes majoritairement illettrées ont, avec le soutien d’Aide et Action, sauvé du décrochage scolaire plus de 3000 enfants marginalisés et vulnérables. Véritable succès pédagogique pour les enfants, ce programme d’Aide et Action permet également aux femmes de se former et devenir actrices de changement au sein de la société.  

Dans les deux districts d’Alirajpur et de Jhabua dans l’Etat du Madhya Pradesh en Inde, l’éducation des enfants n’est pas une priorité. Le taux d’alphabétisation y est parmi les plus bas de l’Inde, les inscriptions à l’école restent extrêmement faibles, notamment pour les filles et l’absentéisme des enseignants est notable.  Pour mieux faire comprendre l’importance de l’éducation, les équipes d’Aide et Action ont eu l’idée de faire appel à des membres de la communauté dits « vecteurs de changement ». « Ce sont majoritairement des femmes, explique Ravi Pratap, Directeur des opérations Aide et Action International. « Confrontés à de nombreuses sécheresses et catastrophes climatiques, les hommes sont partis pour chercher un emploi dans les villes, laissant aux femmes la gestion des villages. Nous les accompagnons ainsi dans cette nouvelle mission, nous les formons, leur donnons confiance en elles et les rendons ainsi plus autonomes et actives au sein de la société indienne ». 

Éviter les abandons et décrochages scolaires

« Ces femmes sont généralement illettrées elles-mêmes par contre, elles savent gérer une famille, s’occuper d’enfants, elles sont sages et très investies dans la société. La plupart sont membres de groupes de femmes, de mères, d’entraide, elles sont très investies sur les questions sociales », ajoute Pravin Bhope  membre de l’équipe d’Aide et Action en Asie du Sud.  Une fois sélectionnées, ces femmes reçoivent une formation. Leur mission : créer le lien et la confiance entre les enseignants, les parents d’élèves, et les enfants eux-mêmes. Elles vont dans les écoles, dans les classes, rencontrent les parents, participent à la gouvernance de l’école et échangent avec les autorités pour que tout le monde comprenne bien l’importance de l’éducation, les difficultés et les objectifs à atteindre pour qu’il n’y ait plus d’absentéisme ni de décrochage… Mais avec la pandémie de la COVID-19, leur mission a pris une autre ampleur. « Lors du premier confinement, toutes les écoles du village ont fermé. Les parents ont aussitôt demandé aux enfants de s’occuper des bêtes dans les champs, j’étais très inquiète, je craignais que beaucoup d’enfants n’abandonnent l’école et ne reviennent jamais. J’ai donc fait du porte à porte pour convaincre les parents de prendre les enfants avec moi et recréer un centre d’apprentissage pour y mener des activités de lecture ou de révision.  J’ai commencé avec 5 élèves et en moins de deux mois, il y en avait 18 », explique Jangudi Bai, Vectrice de changement. 

Autonomiser les femmes

Comme Jangudi, elles sont près de 500 à avoir assuré cette continuité pédagogique dans 300 centres et auprès de plus de 3000 enfants durant le confinement. Une prouesse qu’elles n’ont réalisé qu’avec leur seule motivation et un matériel pédagogique simple d’utilisation, adapté à leur niveau préparé par les équipes d’Aide et Action. Devant un tel succès les enseignants eux-mêmes ont mis la main à la pâte et sont venus leur prêter main forte durant le confinement en proposant aux enfants des activités plus pédagogiques. Cette réussite n’a pas échappé aux autorités de l’Etat du Madhya Pradesh qui ont institutionnalisé la présence des comités de mères dans les comités de gestion des écoles afin d’avoir « une vision plus holistique du développement de l’enfant ». Depuis la fin du confinement, ces vectrices de changement continuent leur mission dans près de 125 centres d’apprentissages dans 90 villages. « Le programme d’Aide et Action a permis de sensibiliser les communautés entières. En cas de reconfinement, les vectrices de changement pourront désormais facilement assurer la continuité pédagogique notamment au niveau du primaire. Le matériel créé par les équipes d’Aide et Action est aujourd’hui utilisé dans tous les centres de petite enfance créés par le gouvernement et contribue au renforcement des compétences linguistiques et de numératie de milliers de jeunes enfants », conclut Pravin Bhope. 

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Crédits photos : Naïade Plante

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