Au Burkina Faso, les barrières socioculturelles freinent l’accès des filles à l’éducation. À travers le projet « Scolarisation des Filles » (SCOLFILLE), Aide et Action et la Fondation L’OCCITANE permettent à 1872 filles âgées de 9 à 13 ans de reprendre le chemin de l’école.

Nathalie Kontogma a 13 ans. Elle a arrêté de fréquenter l’école, ses parents ayant refusé de la réinscrire car elle est une fille. Elle fuit alors son village pour la ville la plus proche où elle est employée comme aide-ménagère puis comme serveuse dans un bar. Revenue dans son village, elle apprend qu’un centre du projet SCOLFILLE vient d’ouvrir afin de donner aux filles la chance de poursuivre leur scolarité.

« Je suis venue m’inscrire moi-même. J’apprends très bien. J’arrive à lire et à calculer. Je suis très contente parce que je pourrai obtenir mon Certificat d’Études Primaires et aller au collège. Je vais beaucoup travailler pour réussir afin de devenir une femme autonome » explique-t-elle.

Comme Nathalie, de très nombreuses filles au Burkina Faso ne sont pas scolarisées ou sont déscolarisées précocement. Les raisons l’expliquant sont nombreuses : faible considération de l’importance de la scolarisation des filles, pauvreté des parents, mariages précoces, faible niveau d’estime de soi chez les filles, l’importance des charges ménagères dont sont sujettes en général les filles…

Le projet SCOLFILLE d’Aide et Action se concentre sur deux provinces – le Ziro et la Sissili – particulièrement dans 6 communes dans la région du Centre-Ouest du pays. Il repose sur la mise en place de classes passerelles adossées à des écoles primaires publiques. Après une année d’apprentissage accéléré, les participantes réintègrent le système d’éducation classique pour poursuivre leurs études. Le projet met à disposition des animateurs, du mobilier scolaire, du manuel didactique et pédagogique, ainsi que des fournitures scolaires pour les élèves. Les frais de scolarité sont pris en charge et un soutien à la restauration des élèves est apporté.

Naître fille ne doit pas être un handicap

Des rencontres d’information et de sensibilisation sont menées dans les six communes concernées par le projet. Des spots radio de sensibilisation sont diffusés dans les 3 langues les plus parlées de la zone d’intervention (mooré, nuni et français). On note, depuis le démarrage du projet, une meilleure implication des leaders communautaires. Petit à petit, grâce à la participation de plus en plus active des communautés aux séances de mobilisation sociale, la perception socioculturelle de l’éducation des filles s’améliore.

Contrairement à ses deux frères, Rakiatou Konaté, 13 ans, n’a pas été scolarisée. Son père a préféré l’envoyer à Ouagadougou travailler comme aide-domestique. « Je ne suis pas allée à l’école. J’ai aidé ma tante à vendre de la nourriture. Mon père a dit qu’il n’avait pas les moyens », explique Rakiatou. En 2021, son père décède et elle revient dans son village, auprès de sa mère. Grâce au projet SCOLFILLE, Rakiatou a été inscrite au centre de To (une des communes cibles du projet) avec l’accord de sa mère. « Je suis contente. J’aimerais étudier et devenir commerçante », confie-t-elle.

À Métio, un des villages de la province de la Sissili également concernée par le projet, le Président du Comité Villageois de Développement témoigne : « Le projet SCOLFILLE a déjà produit un résultat concret : des filles sont retournées à l’école avec l’espoir de poursuivre leurs études ». 

L’animateur du centre, Ousmane Nébié, est confiant : « La progression est bonne. […] Si les élèves sont assidues aux cours, nous allons terminer le programme et elles pourront réintégrer le système classique ».

Le projet SCOLFILLE fait partie intégrante de notre grand mouvement mondial Education For Women Now initié par Aide et Action dont le but est de permettre à 3 millions de filles et de femmes, parmi les plus vulnérables et marginalisées, d’avoir enfin accès, d’ici à 2025, à une éducation de qualité en Afrique, en Asie et en Europe.

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Crédit photo : Dramane Sessouma/AEA

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